FTTH, FTTB et FTTC désignent l'endroit où la fibre optique s'arrête : au logement, au bâtiment ou à l'armoire de rue. Seule la première va jusque chez vous. Le reste du trajet se fait en cuivre ou en coaxial, et c'est ce dernier tronçon qui fixe le plafond de votre débit. Voici ce que chaque sigle recouvre, ce que les offres belges en tirent et comment savoir sur quelle technologie vous êtes.
FTTH, FTTB, FTTC : où s'arrête la fibre exactement ?
Les trois sigles se lisent de la même façon : Fiber To The quelque chose. Le dernier mot marque la limite du verre.
Pour le FTTH, Fiber to the Home, la fibre entre dans le logement. Pour le FTTB, Fiber to the Building, elle s'arrête dans l'immeuble. Pour le FTTC, Fiber to the Curb, elle s'arrête au trottoir, à l'armoire de rue. Au-delà de cette limite, un autre support prend le relais, et il est plus lent. Wikipédia donne les mêmes définitions.
Trois sigles, trois derniers mètres
| Technologie | Où la fibre s'arrête | Dernier tronçon | Plafond de débit |
|---|---|---|---|
| FTTH | Dans le logement | Fibre, jusqu'à la prise | Celui de la fibre : de 500 Mb/s à 8,5 Gb/s sur les offres Proximus relevées le 10/10/2026 |
| FTTB | Local technique de l'immeuble | Cuivre dans les parties communes | Celui du cuivre intérieur, partagé entre les logements |
| FTTC | Armoire dans la rue | Paire de cuivre téléphonique | 100 Mb/s avec le vectoring de Proximus (depuis 2013) |
Le dernier tronçon explique presque tout. Une fibre peut transporter bien plus que ce que le cuivre accepte, donc dès qu'un tronçon de cuivre intervient, c'est lui qui commande.
Le FTTB est-il de la vraie fibre ?
Il utilise de la fibre, mais pas jusqu'à chez vous. La nuance compte.
Le FTTH Council Europe, l'association qui regroupe les acteurs européens du secteur, décrit le FTTB comme un point de distribution placé dans l'immeuble, dont « le dernier tronçon utilise du cuivre ». Il ajoute que ce schéma n'est pas évolutif vers des débits plus élevés à cause de ce cuivre, alors que le FTTP, l'autre nom du FTTH, offre « les débits les plus élevés possibles » (FTTH Council Europe, billet sur FTTB et FTTP). Le même billet parle de « full-fibre » pour le FTTP, ce qui range de fait le FTTB dans la catégorie du partiel.
Je n'ai trouvé aucune offre résidentielle belge qui se présente publiquement sous l'étiquette FTTB. En Belgique, le sigle reste surtout un terme d'ingénieur, et c'est tant mieux pour le lecteur : si votre opérateur ne l'utilise pas, vous ne le rencontrerez en pratique que dans un immeuble ancien dont le câblage intérieur n'a pas été refait.
Le FTTC : la fibre au pied de la rue, le cuivre jusqu'à vous
C'est la technologie du VDSL, que je compare à la fibre dans un article séparé : fibre ou VDSL en Belgique.
La fibre alimente une armoire sur le trottoir. De là, votre vieille ligne téléphonique en cuivre parcourt les dernières dizaines ou centaines de mètres. Plus l'armoire est loin de chez vous, plus le débit chute, ce qui n'est pas le cas en FTTH. Proximus a introduit le vectoring en 2013, qui a porté les vitesses jusqu'à 100 Mb/s, puis un « ultra-dense vectoring » annoncé avec Nokia en mai 2021, censé doubler le débit du cuivre là où la fibre n'est pas prévue à court terme (Telecompaper, 12 mai 2021).
Le FTTC n'est donc pas mauvais. Il est plafonné, et ce plafond est physique.
Et le câble coaxial, où le ranger ?
Hors de cette famille, mais il mérite sa place ici, parce que son nom prête à confusion.
Les réseaux câble de Telenet et de VOO acheminent aussi de la fibre vers des nœuds de quartier, puis passent au coaxial pour les derniers mètres. Sur le papier, c'est un cousin du FTTB ou du FTTC. Dans la pratique, il se comporte autrement : un débit descendant élevé, partagé entre voisins, et un débit montant faible. Proximus insiste d'ailleurs sur ce point, puisque sa page fibre assure que les concurrents utilisent « du coaxial sur le dernier tronçon », ce qui limiterait vitesse et stabilité (page fibre de Proximus, relevée le 10 octobre 2026). Je rappelle que c'est l'argument d'un opérateur concurrent : les chiffres ci-dessous le départagent mieux.
Le détail de cette opposition se trouve dans fibre FTTH ou câble coaxial en Belgique.

Débits réellement vendus en Belgique : le tableau du 10 octobre 2026
Voici ce que chaque technologie vend aujourd'hui, avec un calcul que les pages commerciales ne font pas : la part du débit montant dans le débit descendant.
| Offre (relevé du 10/10/2026) | Technologie | Descendant | Montant | Montant en % du descendant |
|---|---|---|---|---|
| Proximus Flex+ Mega Fiber | FTTH | 500 Mb/s | 500 Mb/s | 100 % |
| Proximus Flex+ Giga Fiber | FTTH | 2 Gb/s | 2 Gb/s | 100 % |
| Proximus Flex+ Ultra Fiber | FTTH | 8,5 Gb/s | 8 Gb/s | 94 % |
| Digi Fiber Ultimate | FTTH | 10 Gb/s | 10 Gb/s | 100 % |
| Telenet, offre la plus rapide | Câble coaxial | 2,5 Gb/s | 100 Mb/s | 4 % |
| Proximus, VDSL avec vectoring | FTTC | 100 Mb/s | non relevé | non calculable |
Sources : page fibre de Proximus et comparatif de callmepower.be, consultés le 10 octobre 2026. Les pourcentages sont mon calcul. Ce sont des débits maximaux annoncés, pas des mesures de terrain. L'IBPT les qualifie de « vitesse maximale théorique ».
Le chiffre qui frappe n'est pas le descendant. C'est le 4 %. Un abonné au câble à 2,5 Gb/s reçoit vite et envoie lentement, ce qui compte pour la visioconférence, le cloud et les sauvegardes. Notre analyse du débit montant en fibre détaille ce point.
Comment savoir de quelle technologie on dépend chez soi ?
Trois indices, dans cet ordre, avant même d'appeler quelqu'un.
- Le technicien a posé un boîtier optique (ONT) alimenté par un câble de fibre fin : c'est presque sûrement du FTTH. Le rôle exact de ce boîtier est décrit dans à quoi sert le boîtier ONT.
- Votre modem se branche sur une prise téléphonique : FTTC ou FTTB.
- Votre modem se branche sur la prise de télévision coaxiale : câble.
Ensuite, vérifiez l'adresse. Selon l'endroit, le réseau de gros peut appartenir à Proximus, à Fiberklaar en Flandre, à Wyre, ou, d'après Proximus, à Unifiber en Wallonie et GOfiber en communauté germanophone. Deux voisins de rue peuvent ne pas avoir les mêmes opérateurs. Le contrôle d'éligibilité est expliqué dans vérifier la fibre à son adresse.
Trois régions, trois réalités
La proportion de logements couverts en FTTH est d'environ 78 % à Bruxelles, 71 % en Flandre et 44 % en Wallonie à la mi-2026 (chiffres mouvants, à vérifier sur l'atlas de l'IBPT). Le reste du pays dépend du câble et du VDSL.
En pratique, un Bruxellois en immeuble ancien rencontre plus souvent un câblage intérieur en cuivre, donc un FTTB de fait. Un Flamand en lotissement récent est plus souvent servi en FTTH complet. Un Wallon hors des zones couvertes garde le choix entre VDSL et câble, selon sa commune.
Les erreurs qui coûtent du débit
- Croire qu'une offre « fibre » est forcément du FTTH, alors que le mot couvre aussi des solutions mixtes.
- Comparer uniquement le débit descendant, en oubliant le montant.
- Acheter un forfait à 2 Gb/s dans un immeuble dont le câblage intérieur plafonne à 1 Gb/s.
- Supposer que le voisin d'en face a la même technologie ou le même opérateur que vous.
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Questions fréquentes
Nicolas suit le marché belge des télécoms et le déploiement de la fibre depuis plus de huit ans. Ancien technicien réseau devenu analyste indépendant, il teste lui-même les connexions qu'il compare : il mesure les débits réels à différentes heures de la journée, lit les conditions ligne par ligne et traque les hausses de prix qui tombent après douze mois. Son objectif : aider les ménages belges à choisir une offre fibre qui tient ses promesses, au bon débit et au juste prix, sans jargon ni argument commercial.
