Oui, vous pouvez saisir le médiateur télécom gratuitement, par formulaire en ligne, mais seulement après avoir contesté par écrit auprès de votre opérateur sans obtenir de réponse satisfaisante, et en principe dans l'année qui suit. Son avis ne lie personne. En 2025, il a traité 12 445 plaintes en 35 jours en moyenne. Chiffres relevés le 2 novembre 2026.
12 445 plaintes en 2025 : le bilan du médiateur
Le Service de médiation pour les télécommunications a présenté son rapport annuel le 26 mars 2026. Il compte 15 087 demandes d'intervention, soit 6,31 % de moins qu'en 2024, dont 12 445 plaintes de médiation proprement dites et 2 642 demandes d'identification d'auteurs de communications malveillantes. La baisse est réelle. Le volume reste très élevé.
| Indicateur 2025 | Valeur | Repère |
|---|---|---|
| Demandes d'intervention | 15 087 | 6,31 % de moins qu'en 2024 |
| Plaintes de médiation | 12 445 | 13 319 en 2024 |
| Communications malveillantes | 2 642 | 2 785 en 2024 |
| Plaintes recevables | 86,31 % | |
| Recevables réglées à l'amiable | 96,72 % | |
| Délai moyen de traitement | 35 jours | 34 jours en 2024 |
| Litiges de résiliation | 909 | en hausse de 4 % |
| Plaintes de particuliers | 88,62 % | 11,38 % de professionnels |
Sources : rapport annuel 2025 du médiateur, repris par Selectra, L'Avenir et l'agence Belga, consultés le 2 novembre 2026.
Le calcul tient en deux lignes. Appliqués aux 12 445 plaintes, les 86,31 % de recevabilité donnent environ 10 740 dossiers examinés, et les 96,72 % de règlement amiable environ 10 390 accords. Sur cent personnes qui saisissent le médiateur, une quinzaine voient donc leur dossier refusé et plus de quatre-vingts obtiennent un arrangement. Réserve : le rapport ne précise pas sur quelle base portent ces taux, donc ce calcul est un ordre de grandeur de Nicolas, pas une donnée officielle.
L'immense majorité des dossiers recevables se règle sans juge.
Proximus, Telenet, Orange : qui est le plus saisi ?
Proximus, devant Telenet, devant Orange. Mais ce palmarès mesure surtout la taille des parcs clients, comme le médiateur le rappelle lui-même d'après L'Avenir. Il ne dit pas quel opérateur est le moins bon.
| Groupe | Plaintes de médiation 2025 | Évolution vs 2024 |
|---|---|---|
| Proximus (Scarlet comprise) | 4 539 | -19,65 % |
| Telenet (Base comprise) | 3 884 | -24,42 % |
| Orange (VOO et Hey! compris) | 3 322 | +32,93 % |
| Digi | 461 | arrivé en Belgique en décembre 2024 |
| Unleashed (Mobile Vikings, JIM Mobile) | 295 | +32,29 % |
Chiffres de Selectra et de Belga. L'Avenir donne d'autres décomptes pour le même rapport (Proximus plus de 5 400, Telenet plus de 4 600, Orange près de 3 900) et une hausse de 23,29 % pour Orange : les deux séries ne comptent probablement pas la même chose, et la somme de la première dépasse de 56 le total publié. Lisez les ordres de grandeur, pas les unités.
Deux limites pèsent sur ces chiffres. Ils couvrent tout le secteur, mobile compris, et je n'ai trouvé aucune ventilation limitée à l'internet fixe ou à la fibre. Ils ne disent pas non plus combien de plaintes chaque opérateur a vu déclarées recevables.
Facturation, contrats, pannes : le détail des motifs
D'abord d'argent. La facturation pèse près de trois plaintes sur dix, devant les questions de contrat. Les pannes n'arrivent qu'en troisième position.
Voici la répartition 2025 avec, entre parenthèses, l'ordre de grandeur en nombre de plaintes (calcul de Nicolas, part appliquée aux 12 445 plaintes) :
- Facturation, 28,63 % (environ 3 560) : frais ponctuels, remboursements, abonnement encore facturé après une résiliation.
- Questions contractuelles, 23,31 % (environ 2 900) : résiliations, indemnités pour un service non fourni.
- Dérangements, 15,53 % (environ 1 930) : coupures et pannes qui durent.
- Service client, 11,35 % (environ 1 410) : réponses absentes ou contradictoires.
- Raccordement, 6,95 % (environ 865) : retards et rendez-vous manqués.
- Changement d'opérateur, 5,20 % (environ 650) : transferts qui tournent mal.
Le médiateur réclame que l'on puisse résilier en quelques clics, comme en France, tout en gardant un contact humain. Le ministre de la Protection des consommateurs, Rob Beenders, a demandé à l'IBPT (l'Institut belge des services postaux et des télécommunications) une analyse approfondie attendue à l'automne, d'après Belga. Je n'en ai pas retrouvé de publication au 2 novembre 2026. Si votre litige porte sur une panne longue, notre guide sur la coupure internet et l'indemnisation donne les seuils avant de saisir qui que ce soit.

Peut-on saisir le médiateur télécom directement ?
Non. Le médiateur est un recours, pas un guichet. Il intervient quand vous n'avez reçu aucune solution satisfaisante ou aucune réponse de votre opérateur, pas avant.
La fiche officielle de la Commission européenne énumère les cas de refus : le consommateur n'a pas d'abord essayé de régler l'affaire avec l'entreprise, le litige est abusif ou vexatoire, une autre instance ou un tribunal s'en occupe déjà ou s'en est occupé, la plainte est hors délai, ou son traitement perturberait gravement le service. Côté délai, le site juridique Droits Quotidiens indique que le médiateur peut refuser une réclamation soulevée auprès de l'opérateur plus d'un an plus tôt, ou un dossier déjà pendant devant le juge de paix. Je n'ai pas pu confirmer ce délai d'un an sur le règlement de procédure du médiateur lui-même : vérifiez-le sur son site.
La conséquence est simple. Votre première lettre à l'opérateur est la pièce maîtresse du futur dossier. Datez-la, chiffrez ce que vous demandez, gardez l'accusé d'envoi.
Comment introduire une plainte, étape par étape
La procédure est écrite et gratuite. Il faut compter une soirée pour réunir les pièces, pas plus.
- Contestez par écrit auprès de l'opérateur : courriel avec accusé ou recommandé, la date du litige, le montant en jeu et ce que vous demandez.
- Attendez la réponse, ou son absence. Un refus ou un silence ouvre la voie du médiateur.
- Rassemblez les pièces : contrat, factures, échanges, captures de pannes avec dates et heures.
- Remplissez le formulaire sur mediateurtelecom.be, ou écrivez à plaintes@mediateurtelecom.be, ou appelez le 02 223 06 06.
- Répondez aux demandes du médiateur : il instruit auprès de l'opérateur et cherche un accord.
| Étape | Délai à retenir |
|---|---|
| Saisine du médiateur | en principe dans l'année qui suit la réclamation à l'opérateur |
| Traitement d'une plainte de médiation | 35 jours en moyenne (rapport 2025) |
| Suspension du paiement | jusqu'à 4 mois dès le dépôt, si la plainte est recevable |
| Appel malveillant | 11 jours en moyenne |
Un calcul simple rassure : quatre mois font environ 120 jours, et le dossier moyen se règle en 35. La suspension couvre donc très largement la durée normale d'une médiation, avec près de trois mois de marge.
Un dossier type, jour par jour
Prenons un cas fictif, mais calé sur les délais publiés : une facture de 120 € que vous contestez, car elle réclame un mois après une résiliation acceptée. Les dates sont celles d'un calendrier réel à partir d'aujourd'hui, le reste est du calcul.
| Date | Événement | À retenir |
|---|---|---|
| 4 novembre 2026 | Contestation par courriel à l'opérateur, avec accusé | Point de départ du délai d'un an |
| 2 décembre 2026 | Quatre semaines sans réponse utile : dépôt du formulaire de médiation | Début de la suspension de paiement, si la plainte est recevable |
| 6 janvier 2027 | Réponse attendue au délai moyen de 35 jours | Environ 5 semaines après le dépôt |
| 2 avril 2027 | Fin de la suspension maximale de quatre mois | Il reste alors à régler le solde ou à saisir le juge de paix |
| 4 novembre 2027 | Dernier jour pour saisir le médiateur, en principe | Un an après la première contestation |
Cet exemple montre surtout une chose : la médiation laisse de la marge, mais elle ne se rattrape pas si l'on laisse filer l'année. Beaucoup de gens attendent le dernier moment parce que la panne ou la facture semble réglée, puis constatent que la ligne continue d'être débitée. Dès que la somme réclamée dépasse ce que vous êtes prêt à perdre, déposez le dossier.
Faut-il payer la facture contestée pendant la médiation ?
En principe non, tant que la plainte est recevable, et pendant quatre mois au plus à compter du dépôt. C'est la règle que résume Droits Quotidiens : on conteste d'abord la facture auprès de l'opérateur, puis, sans réponse ou sans accord, on saisit le médiateur, et la somme contestée n'est plus exigible le temps de l'examen.
Deux précautions. Ne suspendez que la partie réellement contestée et payez le reste, sinon vous créez vous-même un impayé. Et n'interprétez pas ce principe comme une garantie : l'opérateur peut estimer la plainte irrecevable, et la règle est à confirmer auprès du Service de médiation avant de cesser de payer.
L'avis du médiateur lie-t-il l'opérateur ?
Non. L'issue de la procédure est non contraignante, précise la fiche de la Commission européenne. Le médiateur concilie, il ne condamne pas.
Cela inquiète moins qu'il n'y paraît : plus de 96 % des dossiers recevables se terminent à l'amiable, et un opérateur qui sait que son refus sera consigné a tout intérêt à transiger. Mais si l'accord échoue, rien ne vous empêche d'aller devant le juge de paix, la juridiction habituelle pour ce type de montants.
Wallonie, Bruxelles, Flandre : une seule porte d'entrée
Le Service de médiation est fédéral et siège à Bruxelles. Mêmes règles, même gratuité, même formulaire pour tous les habitants du pays, que vous soyez à Namur, à Gand ou à Ixelles. Les plaintes se traitent en français, en néerlandais, en allemand et en anglais.
La seule différence régionale est dans la demande : les plaintes francophones ont grimpé de 3 989 en 2024 à 4 560 en 2025, soit environ 14,3 % de plus, alors que le total baissait. Les causes du litige, elles, varient avec le terrain. Un raccordement fibre qui traîne en Flandre, en Wallonie ou à Bruxelles peut dépendre d'un constructeur partenaire (Fiberklaar, Unifiber, Wyre) mais, en principe, c'est l'opérateur signataire du contrat qui répond au client. Notre guide pour résilier et changer d'opérateur détaille les règles de sortie.
Cinq situations, cinq recours
| Votre situation | Premier recours | Pourquoi |
|---|---|---|
| Facture, panne, résiliation ou indemnité contestée | Service de médiation télécoms | gratuit, 35 jours en moyenne |
| Appels ou messages malveillants | Formulaire dédié du médiateur | 11 jours en moyenne |
| Publicité ou vente trompeuse | SPF Économie | contrôle des pratiques commerciales |
| Montant important, accord impossible | Juge de paix | seule décision qui s'impose |
| Contrat de plus de six mois à quitter | Résiliation directe, règle du SPF Économie | sortie gratuite, sans médiation |
Pour un engagement, un tarif d'appel ou une hausse après douze mois, le médiateur n'est pas le premier réflexe : lisez d'abord internet sans engagement, puis revenez ici si l'opérateur campe sur sa position. Et pour choisir une offre qui ne vous mettra pas dans ce cas, notre classement des meilleures offres fibre compare sur le coût réel.

Les limites de ces chiffres
Trois choses manquent. Aucune ventilation par produit, donc rien de propre à l'internet fixe. Aucun taux de recevabilité par opérateur. Aucun délai par opérateur. Les chiffres viennent de la presse qui a repris le rapport, pas du PDF intégral, et deux sources divergent sur les décomptes par groupe. Les pages « Comment introduire une plainte » et « Règlement de procédure » du médiateur n'ont pas pu être lues en entier : le délai d'un an et la suspension de quatre mois viennent d'un site juridique, donc à vérifier avant de s'y fier.
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Questions fréquentes
Nicolas suit le marché belge des télécoms et le déploiement de la fibre depuis plus de huit ans. Ancien technicien réseau devenu analyste indépendant, il teste lui-même les connexions qu'il compare : il mesure les débits réels à différentes heures de la journée, lit les conditions ligne par ligne et traque les hausses de prix qui tombent après douze mois. Son objectif : aider les ménages belges à choisir une offre fibre qui tient ses promesses, au bon débit et au juste prix, sans jargon ni argument commercial.
