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Débit & technologie

Switch Ethernet : à quoi ça sert, lequel choisir ?

Un switch Ethernet ajoute des prises, jamais de la vitesse. Ports des box Proximus, Telenet et Orange relevés le 1er septembre 2026, coût électrique calculé sur les fiches TP-Link et Netgear, et le piège du switch gigabit branché sur un port 2,5 Gb/s.

ParNicolas7 min de lecture

Un switch Ethernet sert à brancher plus d'appareils en filaire sur une box, pas à aller plus vite : il ajoute des prises, jamais des mégabits. Il ne se justifie que si les ports de la box ne suffisent plus, et il ne vaut le coup que si son propre lien avec la box ne bride rien.

Switch, commutateur, hub, multiprise : quelle différence ?

Trois mots, deux appareils. Switch et commutateur désignent la même chose, une boîte à prises RJ45 qui reçoit les données et les envoie uniquement vers le port où se trouve le destinataire.

Le hub (concentrateur) est son ancêtre. Il recopie tout sur tous les ports et partage la bande passante entre eux, ce qui le rend obsolète depuis vingt ans. Quant à la « multiprise Ethernet » des rayons, c'est presque toujours un petit switch.

Faut-il un switch avec une box belge ?

Souvent non.

Comptez d'abord vos appareils filaires : une console, un décodeur, un NAS, un PC de bureau, une imprimante. Si leur nombre est inférieur ou égal aux ports libres de la box, rien à acheter. J'ai repris les ports des box belges dans une synthèse de CallMePower, consultée le 1er septembre 2026.

BoxPorts EthernetOù la recevoir
Proximus Internet Box4 ports à 1 Gb/sPartout où Proximus est présent
Proximus Internet Box+3 ports à 2,5 Gb/s, 1 port à 10 Gb/sIdem
Telenet F@ST3896LG-TN3 ports à 1 Gb/s, 1 port à 2,5 Gb/sFlandre et Bruxelles
Telenet 360° Fiberbox3 ports à 1 Gb/s, 1 port à 10 Gb/sFlandre et Bruxelles
Orange Livebox1 port à 2,5 Gb/s, les autres en gigabitSelon l'adresse

Quatre ports paraissent beaucoup, jusqu'au jour où un décodeur, une console, un NAS et un poste de télétravail arrivent dans la même pièce. À ce moment-là, un switch devient la réponse logique, bien avant un second routeur. Pour savoir ce qui dessert votre adresse, comptez avec le réseau de gros : mi 2026, la fibre couvrait en ordre de grandeur 78 % des foyers bruxellois, 71 % des flamands et 44 % des wallons, chiffres qui évoluent.

Câbles Ethernet enroulés avec leurs connecteurs RJ45
Le switch multiplie les prises, mais le câble qui le relie à la box fixe le plafond.

Quelles caractéristiques compter avant d'acheter ?

Les critères viennent avant les références, parce qu'ils éliminent les trois quarts du rayon.

  • Le nombre de ports. Cinq convient à un bureau, huit à un salon équipé. Prenez-en un de plus que le besoin, jamais deux.
  • La vitesse des ports. Gigabit (10/100/1000) pour la grande majorité des usages. 2,5 Gb/s seulement si un appareil ou la box l'exige.
  • Non administrable. Un modèle qui se branche et fonctionne, sans interface ni réglages, couvre la maison. Les VLAN ne servent qu'en réseau professionnel.
  • Le PoE, uniquement si nécessaire. Il alimente caméra ou borne Wi-Fi par le câble, via la norme Power over Ethernet.
  • Boîtier métal et sans ventilateur. Il dissipe la chaleur et reste silencieux dans un salon.

Un switch gigabit ralentit-il une offre à 2,5 Gb/s ?

Il peut le faire, et c'est l'erreur d'achat la plus coûteuse de cette catégorie.

Le raisonnement tient en trois lignes. Le lien entre le switch et la box négocie la plus petite vitesse commune aux deux extrémités, et comme tous les appareils branchés derrière doivent passer par ce seul lien pour atteindre internet, c'est lui qui décide de ce qu'ils peuvent se partager, quel que soit le nombre de ports. Un switch gigabit branché sur un port 2,5 Gb/s fonctionne donc à 1 Gb/s, soit environ 940 Mb/s utiles. Tous les appareils derrière le switch se partagent ensuite ces 940 Mb/s pour l'internet, même si chacun a son propre port.

SituationLien switch vers boxMatériel requis
Internet Box à 4 × 1 Gb/s, offre jusqu'à 1 Gb/s1 Gb/sSwitch gigabit
Internet Box+ ou Livebox, offre au-delà de 1 Gb/s2,5 Gb/s sur le port rapideSwitch avec un port 2,5 Gb/s
Transferts entre appareils d'un même switch (NAS, PC)Reste dans le switchGigabit suffit
NAS et PC en 10 Gb/s, port 10 Gb/s sur la box10 Gb/sSwitch 10 Gb/s

Les échanges entre deux appareils d'un même switch ne passent pas par la box. Un PC qui copie un fichier vers un NAS branché au même endroit profite donc de toute la vitesse du switch, sans toucher à l'abonnement.

Quel switch choisir, et combien consomme-t-il ?

Aucun de ces modèles n'a été testé par mes soins. Les chiffres viennent des fiches officielles de TP-Link et de Netgear consultées le 28 octobre 2026, et je ne cite aucun prix de magasin : il change d'une semaine à l'autre.

GammeModèlePortsPuissance max (fiche)Coût annuel à 0,20 et 0,35 €/kWh
Gigabit, 5 portsNetgear GS3055 × 1 Gb/s2,34 W4,10 € et 7,17 €
Gigabit, 5 portsTP-Link TL-SG1055 × 1 Gb/s3,0 W5,26 € et 9,20 €
Gigabit, 8 portsNetgear GS3088 × 1 Gb/s3,04 W5,33 € et 9,32 €
2,5 Gb/s, 5 portsTP-Link TL-SG105-M25 × 2,5 Gb/s12,11 W21,22 € et 37,13 €

Mon calcul applique la règle de 8,76 kWh par watt et par an à la puissance maximale, donc au pire cas : un switch au repos consomme moins. J'ai reporté les deux prix du kWh de notre article sur la consommation d'une box internet.

Netgear indique pour le GS305 une garantie matérielle limitée à vie. TP-Link ne la précise pas sur la page consultée. Zyxel et D-Link proposent des gammes voisines, que je ne détaille pas faute de fiches vérifiées.

Comment le brancher en cinq étapes ?

Comptez cinq minutes et aucun outil.

  1. Repérez un port libre de la box, de préférence le plus rapide si l'offre dépasse 1 Gb/s.
  2. Reliez ce port à n'importe quel port du switch avec un câble Cat 5e ou Cat 6, comme expliqué dans notre guide des catégories de câble Ethernet.
  3. Branchez l'alimentation du switch sur une prise murale, pas sur la box.
  4. Branchez ensuite chaque appareil filaire sur les autres ports.
  5. Contrôlez les voyants : chaque port occupé doit s'allumer, et la couleur ou le clignotement indique en général la vitesse négociée, selon la notice du modèle.

Ne configurez rien. Si un appareil reste muet, changez le câble avant de soupçonner le switch.

Quelles erreurs éviter à l'achat ?

Cinq reviennent sans cesse :

  • Acheter un switch 10 Gb/s sans appareil 10 Gb/s ni port correspondant sur la box.
  • Brancher un switch gigabit sur le port 2,5 Gb/s de l'Internet Box+ pour une offre plus rapide que le gigabit.
  • Payer une fonction PoE qu'aucun appareil n'utilisera.
  • Enchaîner quatre switchs en cascade au lieu d'un seul de huit ports.
  • Remplacer un câble défaillant par un switch : le problème reste.

Si votre souci est un Wi-Fi faible, aucun switch ne le règle : voyez plutôt le comparatif répéteur, CPL ou mesh ou le guide pour remplacer sa box par un routeur.

Box internet et routeur reliés par des câbles Ethernet sur une étagère
Un switch s'ajoute derrière la box, il ne la remplace pas.

Les ports des box viennent de la synthèse de CallMePower (relevé indirect du 1er septembre 2026). Les caractéristiques des switchs proviennent des fiches constructeur citées plus haut. Le fonctionnement général d'un switch est décrit dans l'article Commutateur réseau.

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Questions fréquentes

Switch et commutateur désignent le même appareil, le second est le terme français. Le hub, ou concentrateur, est son ancêtre : il recopie chaque trame sur tous les ports et partage la bande passante entre eux. Le switch apprend quelle machine est sur quel port et n'envoie les données qu'à la bonne. Un hub neuf ne se justifie plus nulle part.

Pas de façon mesurable à débit égal : un switch gigabit non administrable ajoute une latence négligeable, de quelques microsecondes. Il ralentit seulement quand il bride le lien. Un switch à 1 Gb/s relié à un port 2,5 Gb/s de la box limite ce lien à environ 940 Mb/s utiles, ce qui compte si votre offre dépasse ce palier.

Oui, c'est ce qu'on appelle monter en cascade, et les switchs actuels détectent seuls le sens du câble. Chaque niveau partage toutefois le même lien vers la box. Un étage de plus pour un second bureau ne pose aucun problème, une chaîne de quatre switchs en pose un.

Seulement si l'appareil ne dispose pas d'une alimentation propre ou si la prise électrique est loin. Le PoE fait passer le courant dans le câble Ethernet : 15,4 W en norme 802.3af, 30 W en 802.3at. Pour un simple poste de travail ou une console, payer un switch PoE ne rapporte rien.

Uniquement si un appareil au moins sait en profiter : un NAS, un PC avec carte 2,5 ou 10 Gb/s, ou un port 2,5 ou 10 Gb/s sur la box. Le modèle TP-Link TL-SG105-M2 consomme jusqu'à 12,11 W contre 3,0 W pour le TL-SG105 gigabit. Ne payez pas ce surcoût pour un port qui n'existe pas côté box.

Le plus souvent oui : le terme sert à désigner un petit switch de 5 ou 8 ports. Méfiez-vous du répartiteur RJ45 passif, un simple adaptateur qui coupe un câble en deux. Il partage les huit fils du câble et plafonne en général chaque liaison à 100 Mb/s. À éviter sur une ligne fibre.

Nicolas suit le marché belge des télécoms et le déploiement de la fibre depuis plus de huit ans. Ancien technicien réseau devenu analyste indépendant, il teste lui-même les connexions qu'il compare : il mesure les débits réels à différentes heures de la journée, lit les conditions ligne par ligne et traque les hausses de prix qui tombent après douze mois. Son objectif : aider les ménages belges à choisir une offre fibre qui tient ses promesses, au bon débit et au juste prix, sans jargon ni argument commercial.